dimanche 29 juin 2014

Les soldes

Mercredi 25 a eu lieu l'ouverture des soldes. Avec ma maman nous sommes donc allées faire les soldes le lendemain et j'ai craquer sur plusieurs articles de la boutique styleco qui font aussi des soldes sur leur site internet: http://www.styleco.fr/

Cette robe est trop mimi! C'est ma maman qui me l'a payée comme c'était la plus chère.

Pull tout doux!!!!!!!!!!

Petite robe trop mignonne mais à porter avec des leggings pour les grandes!

Robe trop mignonne elle aussi à porter avec des leggings!

Des leggings car comme vous l'aurez compris je suis grande, 1,77m je vous explique donc pas pourquoi il y a très peu de robes courtes dans mon armoire mais j'ai maintenant trouver la parade!

mercredi 11 juin 2014

Le château d'Anet


Le château fort d'Anet .

Avant que Diane de Poitiers entreprenne de faire édifier le château actuel, Anet avait eu déjà deux châteaux.

Le premier, bâti au XIIe siècle, était une forteresse féodale avec d'épaisses murailles, quatre tours et un gros donjon rond. Philippe Auguste y fit plusieurs séjours et partit de là assaillir la Normandie dont la rivière d'Eure formait à cet endroit la frontière. Cette forteresse fut démantelée en 1378, par ordre du roi Charles V, à la suite de la révolte de Charles le Mauvais, roi de Navarre, comte d'Evreux et seigneur d'Anet .
Il n'en subsiste plus aujourd'hui que de rares vestiges : les fondations d'une tour, des emmarchements et des caves, dans les communs actuels, derrière les anciennes écuries .


Le manoir des Brézé .

En décembre 1444, Charles VII donnait à son fidèle conseiller et chambellan Pierre de Brézé les quatre seigneuries de Nogent-le-Roi, Anet, Bréval et Montchauvet, en récompense des services que ce personnage avait rendus au royaume dans la guerre contre les Anglais et, en particulier, à l'occasion de la reconquête de la Normandie.
Le fils de Pierre de Brézé, Jacques, grand sénéchal de Normandie, fit édifier à Anet, vers 1470, un manoir de briques et pierre qui était situé en arrière de la chapelle actuelle. Il en reste d'ailleurs encore un bâtiment.
C'était une bien triste demeure, d'assez vastes proportions, avec fenêtres à meneaux, lucarnes à décor flamboyant et tourelle d'escalier accolée à la façade . Auprès s'élevaient les écuries et le chenil .
Ce Jacques de Brézé avait épousé Charlotte de France, fille de Charles VII et d'Agnès Sorel et sœur consanguine du roi Louis XI- Cette union connut une issue tragique : ayant surpris au manoir de Rouvres, à une lieue d'Anet, sa femme avec l'un de ses veneurs en flagrant délit d'adultère, il les perça tous deux de plus de cent coups d'épée (1477). Quand Louis XI apprit le meurtre de sa sœur bien-aimée, il entra dans une colère terrible et jura de la venger . Il fit arrêter le grand sénéchal, le maintint plusieurs années en prison et obtint enfin contre lui une condamnation à la peine capitale et à la confiscation de ses biens. La sentence ne fut pourtant pas exécutée dans toute sa rigueur . Le sire de Brézé sauva sa tête, mais dut faire au roi l'abandon de tous ses biens. Ceux-ci furent d'ailleurs aussitôt remis par Louis XI au fils aîné de Charlotte, son propre filleul, Louis de Brézé . Trois ans après son avènement, Charles VIII cassa le jugement qui avait frappé Jacques de Brézé et il lui rendit ses titres et ses biens.

Diane de Poitiers 

.Jacques de Brézé mourut en 1490 et son fils lui succéda. Comte de Maulevrier, seigneur d'Anet, grand sénéchal de Normandie, grand veneur de France, Louis devint ainsi l'un des principaux dignitaires du royaume. Veuf de Catherine de Dreux, il épousait en 1515, à l'âge de 56 ans, Diane de Poitiers, de quarante ans plus jeune que lui . 
Diane, qui descendait de l'antique famille souveraine des comtes de Poitiers, était née au château de Saint-Vallier (Drôme), le 31 décembre 1499. Sa parente, la duchesse de Bourbon, Anne de Beaujeu, qui avait bien voulu se charger de son éducation, avait su façonner son esprit, former son goût et lui inculquer les grands principes d'honneur et de sagesse dont elle était le vivant exemple. Appelée par son mariage à paraître à la cour de France, belle et intelligente, Diane accéda d'emblée au premier rang et devint dame d'honneur de la reine Claude, épouse de François Ier. Alors qu'elle était jeune mariée, comme les charges de son époux n'imposaient pas sa présence continuelle à la cour, c'est à Anet que le couple vivait entre temps. 
Louis de Brézé affectionnait ce triste logis en raison de la proximité des forêts de Dreux, de Roseux et de Normandie, car il était un chasseur infatigable. L'amitié que lui portait François Ier, leur goût commun pour la vénerie amenaient à Anet le roi, la Reine et les principaux seigneurs de la cour . C'est dans ce vieux manoir que Diane fit ses premières armes de maîtresse de maison . 
En 1518, la Grande Sénéchale eut un premier enfant, une fille, à laquelle on donna le nom de Françoise en hommage au roi . Trois ans plus tard, naissait une seconde fille qui reçut le prénom de Louise, rappelant ainsi celui de son père. 
Partageant sur ce point le goût de son vieux mari, Diane s'était acquis une solide réputation de chasseresse que tant de représentations peintes ou sculptées devaient contribuer à répandre. Les portraits d'elle qui paraissent les plus authentiques ne contredisent pas cette image d'une femme à la santé robuste, au corps endurci par les longues courses à cheval, les bains froids en toute saison, une vraie sportive, dirions-nous aujourd'hui . 
Le 23 juillet 1531 , Louis de Brézé mourait à Anet. Son épouse le pleura sincèrement, lui fit élever dans la cathédrale de Rouen un magnifique tombeau et prit un deuil qu'elle ne devait jamais quitter. Elle ne s'habilla plus désormais que de noir et de blanc, mais ses robes restèrent de soie et largement décolletées . Sa position à la cour n'eut pas à souffrir de la disparition de son époux . Elle restait la Grande Sénéchale.

La maîtresse royale .

Cependant, le second fils de François I°, le prince Henri, dont l'enfance avait été assombrie par quatre longues années de captivité en Espagne, portait à Diane une affection qui évoluait, en dépit de ses quinze ans, vers un sentiment plus vif. Elaboré à Anet, son mariage avec Catherine de Médicis en 1533 ne devait point effacer de son coeur cet amour chevaleresque d'adolescent timide et taciturne. Bien au contraire, puisque, peu après, malgré une différence d'âge de près de vingt ans, la belle veuve devint en secret sa maîtresse.
En 1536, la mort de son frère aîné ouvre au jeune Henri la perspective du trône. La situation de Diane en est encore renforcée, d'autant que, sous prétexte d'hommages platoniques, le Dauphin adopte lui aussi les vêtements noirs et blancs, identifie son emblème, le croissant, à celui que la mythologie attribuait à la divinité chasseresse, arbore le monogramme fameux où le H et le D s'entrelacent .
La Grande Sénéchale n'en entretient pas moins avec l'épouse d'Henri des rapports qui se veulent cordiaux. n'est-elle pas d'ailleurs officiellement la gouvernante des enfants que Catherine, après onze ans de stérilité, met enfin au monde . La Dauphine accepte tout, se résigne, serre les dents et attend sa revanche . Le 31 mars 1547, la mort de François 1er fait d'Henri le roi de France.

La construction d'Anet .

Dès l'année précédente, Diane a songé à faire bâtir à Anet une demeure plus imposante et plus agréable que le vieux manoir gothique des Brézé. C'est probablement à cette époque qu'elle charge de dresser les plans d'un nouveau château un architecte lyonnais, alors âgé de 36 ans, Philibert de l'Orme- Celui-ci s'est déjà fait connaître en travaillant pour le cardinal du Bellay à Saint-Maur-lesFossés et Henri II vient de lui confier la construction du tombeau du roi défunt.
De l'Orme conçoit un édifice régulier, à l'architecture sobre, fondé sur l'art renouvelé de l'antiquité et subordonnée aux " commodités ". L'année 1547 est consacrée aux travaux de terrassement, à la régularisation du terrain marécageux qui crée un plan supérieur pour les bâtiments et un plan nettement inférieur pour les jardins, au creusement des douves, à la construction de deux étages de caves pour les cuisines, de canalisations d'égout.
L'année suivante, on s'attaque aux bâtiments d'habitation en commençant par le corps principal devant former le fond de la cour d'honneur. Cette partie du château prolonge vers l'ouest le vieux manoir que Diane de Poitiers tient à conserver en l'incorporant à sa nouvelle demeure.
En 1549 et 1550, on construit l'aile droite et la chapelle; en 1551, l'aile gauche ; le portail s'élève en dernier lieu et porte, gravée sur ses pierres, la date d'achèvement des travaux : 1552. 
Dans le principal corps de logis sont aménagés les appartements de Diane et ceux du roi, ainsi que les salles de réception. L'aile gauche est affectée à d'autres appartements. L'aile droite abrite uniquement une immense salle des fêtes, dite " galerie de Diane " et masque la chapelle attenante dont on ne voit, de la cour d'honneur, que le dôme et les deux flèches de pierre en forme de pyramides. Derrière chaque aile s'étend une cour latérale. Celle de droite, irrégulière, bordée d'un côté par le manoir des Brézé, s'ouvre vers la route d'Oulins par un portail monumental dit " porte de Charles-le-Mauvais " et s'orne en son milieu d'une fontaine, celle de la Nymphe d' Anet . De même, la cour de gauche dessert l'orangerie et les volières ; en son centre s'élève une autre fontaine que surmonte le célèbre groupe de la Diane au cerf, longtemps attribué à Jean Goujon et conservé aujourd'hui au Louvre.
Enfin, en contrebas du principal corps de logis s'étendent les jardins , entourés par une longue galerie dont deux pavillons carrés occupent les angles extrêmes et qui conduit à un grand bâtiment servant de salle de festin ou de bal .
De l'Orme a imaginé pour les différents corps de logis un décor architectural original. La partie centrale de la façade principale est constituée par un beau portail où, pour la première fois , chaque étage est marqué par des colonnes d'un ordre différent : dorique, au rez-de-chaussée, ionique au premier et corinthien au second. Ce dernier étage est occupé par la statue du Grand Sénéchal auquel Diane, indique une inscription latine, a dédié le monument. Les fenêtres , divisées par des meneaux de pierre comme au siècle précédent , sont surmontées de frontons alternativement triangulaires et curvilignes. Une alternance plus complexe existe aussi pour les lucarnes dont certaines, les plus petites , sont couronnées d'un motif en forme de tombeau , symbole de deuil . Ce sont encore de grands cénotaphes très ornés qui terminent les souches de plusieurs cheminées monumentales . Enfin, les divers monogrammes de Diane, de son époux et du roi Henri apparaissent, entrelacés de croissants et de palmes dans les motifs ajourés des balustrades bordant les terrasses au-dessus des fossés de chaque côté du portail .


 Le Château
 La Chambre de Diane de Poitiers avec une tapisserie de sa main
 La Salle des Gardes transformée en salle de bal puis en salon
 L'escalier
 Le Salon Rouge dans lequel est conservé une mèche de cheveux de Diane
La salle à manger encore utilisée aujourd'hui
.L'intérieur du château .

Il est aisé d'imaginer ce que peut être, dans un tel cadre, les intérieurs raffinés aux baies garnies de vitraux en grisaille peints sans doute par Jean Cousin, aux pavements de petits carreaux émaillés verts dus au céramiste Abaquesne, aux murs tendus de tapisseries précieuses , aux plafonds à caissons peints et dorés . Le mobilier est à l'avenant : lits à colonnes, cabinets et coffres à la décoration fleurie , vaisselle , orfèvrerie , livres aux reliures mosaïquées, miroirs et verreries de Venise, soieries, brocarts, tentures fastueuses, toutes choses aux initiales de Diane. 
Non seulement le château peut rivaliser avec les plus magnifiques résidences princières ou royales, mais il se présente comme une œuvre exceptionnelle qui suscite une immédiate renommée. 
Désormais , les réceptions et les fêtes vont se succéder à Anet, y amenant la cour entière et retenant le roi dans l'enchantement .

Les dernières années de Diane 

La mort brutale du monarque, tué accidentellement dans un tournoi, en 1559, porte un coup fatal au prestige de la Dame d'Anet. Le nouveau roi, François II, n'a que quinze ans et demi et, bien que majeur, n'est point en état de gouverner . Sa mère, Catherine, avec l'appui des Guise, dirige maintenant les affaires de l'Etat. Va-t-elle enfin prendre sa revanche sur la favorite ? A peine le roi a-t-il rendu le dernier soupir que Diane, mesurant l'étendue de son malheur et s'attendant au pire, renvoie à la reine-mère les bijoux de la couronne et, humblement, lui demande pardon de ses offenses. Mais, en mariant sa fille cadette, Louise, à Charles d'Aumale, frère du duc de Guise, elle a su se ménager une alliance qui devient sa plus sûre protection. Catherine se contentera de lui réclamer Chenonceau qu'elle lui échangera d'ailleurs contre Chaumont .
Réfugiée à Anet, loin de la cour, humiliée mais non écrasée, Diane se consacre à l'administration de ses nombreux domaines . Elle assiste au déchaînement de la guerre entre les Catholiques et les Protestants, amie des uns, haïe des autres. Elle pense aussi à la mort et, en 1565, à Limours, elle dicte son testament dans lequel elle institue de nombreuses fondations pieuses et demande que soit construite à Anet une chapelle pour abriter son tombeau. Elle trouve encore la force d'aller, à l'automne, jusqu'en Dauphiné, mais, de retour à Anet, elle est atteinte à la fin de l'hiver d'une brusque maladie et elle meurt, le 25 avril 1566.

Louise de Brézé, duchesse d'Aumale et son fils.

C'est la seconde fille de Diane, Louise de Brézé, qui hérite de la seigneurie d'Anet. Elle est entrée, on l'a vu, dans la famille des Guise par son mariage avec Claude de Lorraine, duc d'Aumale, gouverneur de Bourgogne et grand veneur de France . Au temps où il possède Anet, il y reçoit la visite du roi Charles IX (1567), mais surtout, il fait construire et achever la chapelle sépulcrale, vaste bâtisse de brique et pierre due à l'architecte Claude de Foucques.
En 1576, Louise de Brézé, veuve depuis trois ans, abandonne le château à son fils Charles de Lorraine, duc d'Aumale. Le premier acte du nouveau seigneur est de faire consacrer cette chapelle et de procéder au transfert et à l'inhumation solennelle de sa grand-mère, Diane de Poitiers, dont le corps est resté jusqu'alors dans l'église de la paroisse.
Charles de Lorraine reçoit en 1581 Henri III qui ; avec la reine-mère Catherine, tient un de ses enfants sur les fonts baptismaux de la chapelle ; il fait achever l'église paroissiale, fonde dans le parc du château un couvent de Cordeliers (1583) et obtient du roi, cette même année, l'érection de la seigneurie d'Anet en principauté. Malheureusement, Charles de Lorraine, au cours des guerres de religion, compte parmi les adversaires les plus acharnés du futur Henri IV . Après la défaite de la Ligue à Ivry, il doit s'enfuir à l'étranger. Son alliance avec les Espagnols précipite sa déchéance . Le Parlement le déclare criminel de lèse-majesté et il est condamné à mort. Comme il s'est réfugié à Bruxelles, il n'est écartelé qu'en effigie mais le château d'Anet doit être rasé " à fleur de terre " et les bois voisins abattus " à hauteur de ceinture " . Heureusement, Henri 1V , dans un esprit d'apaisement, ne fait pas exécuter cette clause de l'arrêt. Par la suite, il marque même une grande bienveillance envers la duchesse d'Aumale, Marie de Lorraine, qu'il honore de sa visite en séjournant à Anet avec la reine, quelques semaines avant son assassinat (1610).
Ruinée par son mari, la duchesse d'Aumale, harcelée par les créanciers, doit vendre le château à Marie de Luxembourg, duchesse de Mercœur et belle-sœur d'Henri III (1615).

César de Vendôme .

La fille de Madame de Mercœur, Françoise de Lorraine, a épousé César de Vendôme, fils naturel légitimé d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. Ce grand seigneur, orgueilleux et turbulent, passera une partie de sa vie à comploter contre Richelieu d'abord , contre Mazarin ensuite. En compagnie de ses deux fils, les ducs de Beaufort et de Mercœur , il devient l'un des principaux animateurs de la cabale des Importants qui, après la mort de Louis XIII, cherche à imposer à la régente la tutelle des grands seigneurs. Anet dont César a hérité en 1623 est alors pour celui-ci et sa famille tantôt un abri sûr , tantôt une résidence imposée, quand toutefois les menaces d'arrestation ne l'obligent pas à fuir à l'étranger . Lorsqu'éclate la Fronde, il ne bouge pas, calmé, semble-t-il, par un long exil, tandis que Mercœur se rallie à Mazarin dont il épousera une des nièces. Seul Beaufort s'enrôle dans l'armée des Princes et devient l'idole du peuple de Paris, le " Roi des Halles " .
Devenu infirme, César meurt en 1665. La duchesse de Vendôme continue de vivre à Anet et elle s'éteint en 1669, laissant la principauté à son petit-fils, Louis-Joseph de Vendôme, fils aîné du duc de Mercœur . Au milieu de ces vicissitudes, le château est souvent délaissé, mal entretenu et les travaux qu'y réalise César lorsqu'il trouve quelque répit dans sa vie aventureuse ne peuvent réussir à maintenir la demeure de Diane en bon état .

Le maréchal Louis-Joseph de Vendôme .

Le nouveau propriétaire d'Anet était un soldat, un véritable soldat puisque, entré tout jeune dans les gardes du corps , il avait participé en compagnie de son frère cadet Philippe, le futur Grand Prieur de France, à toutes les grandes campagnes de Louis XIV et conquis tous les grades de la hiérarchie militaire grâce à sa valeur et à son courage.
En 1678, à 24 ans, il est nommé maréchal de camp et, trois ans plus tard, gouverneur de Provence. Pendant plusieurs années le roi ne fera plus appel à ses services. Vendôme s'installe alors à Anet . Il va entreprendre au château des réfections importantes et se lancer dans la tâche dangereuse qui consiste à " moderniser " l'œuvre de Philibert de l'Orme. Claude Desgots, inspecteur des Bâtiments du Roi, neveu de Le Nôtre, est chargé de diriger ces travaux de rajeunissement qui modifieront profondément l'aspect extérieur et les dispositions intérieures du château.
Dans l'aile droite, au lieu de la galerie de Diane, on crée de nouveaux appartements. L'aile gauche est encore plus altérée. On y supprime plusieurs appartements pour faire, au rez-de-chaussée, un vaste vestibule et, à l'étage, une salle des fêtes que dessert un somptueux escalier d'une seule volée avec une rampe de fer forgé au chiffre du duc. Dans les combles qu'on exhausse en modifiant la pente du toit, on installe des logements nouveaux. La façade est ornée dans sa partie centrale de pilastres d'ordre ionique encadrant un trophée sculpté. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont privées de leurs meneaux de pierre, transformées en portes-fenêtres et les célèbres vitraux en grisaille disparaissent pour faire place à du verre incolore. Aux pavements de carreaux émaillés , on substitue de larges dalles de marbre blanc et noir .
Derrière cette aile gauche et y attenant, est édifié un bâtiment à toit brisé qu'un mur en hémicycle couronné de vases décoratifs relie à un bâtiment symétrique appuyé contre le pavillon d'angle dit " du Gouvernement ".
Pour décorer les intérieurs, Vendôme fait appel à des artistes en renom. On sait que Claude III Audran, dont la présence à Anet est attestée en 1690, peignit sur son ordre les appartements du rez-de-chaussée dans le style " grotesque " et que le peintre animalier François Desportes participa à ses travaux .
L'aménagement des jardins est confié au célèbre Le Nôtre. Celui-ci commence par faire place nette en jetant bas tous les communs se trouvant autour du château : jeu de paume, orangerie, volières disparaissent ainsi que la grande galerie qui entourait les jardins . Le cryptoportique, cette galerie voûtée qui régnait au pied du corps de logis central, et le grand escalier en forme de croissant descendant vers les parterres sont remplacés par des terrasses à degrés qui compensent la dénivellation existant entre la cour d'honneur et les jardins. Autour de ces derniers, on creuse un grand canal au-delà duquel s'étend un parc boisé percé d'allées rayonnantes.
La vie fastueuse et dissipée que mène le maréchal de Vendôme en compagnie du Grand Prieur son frère, les dépenses énormes entraînées par les transformations apportées au domaine finissent par le ruiner et, pour payer ses dettes, il devra vendre au roi son hôtel de la rue Saint-Honoré à Paris. C' est sur l' emplacement de cette demeure que sera établie la place Vendôme.

Les fêtes à Anet au temps de Vendôme .

Au cours de ses séjours à Anet, Vendôme rassemble autour de lui toute une suite de compagnons de plaisir, d'écrivains en renom, de beaux esprits, auxquels il offre une hospitalité sans limites. On y voit Chaulieu, Chapelle, Bachaumont, Dangeau, La Fontaine, Campistron, Molière. En dix ans, le Grand Dauphin, fils de Louis XIV, rend visite à sept reprises au maréchal. Au mois de septembre 1686, presque toute la cour l'accompagne. La réception est éblouissante et coûtera, dit-on, plus de 100 000 livres à Vendôme. Le premier soir, Lulli fait jouer son opéra Acis et Galatée, écrit pour cette occasion et qui sera sa dernière œuvre lyrique. Les spectacles, le jeu, la chasse au loup et d'interminables banquets font de ces huit jours une fête continuelle.
Mais le service du roi appelle le duc de Vendôme pour de nouvelles campagnes où il se couvre de gloire. En 1710, alors qu'il vient d'épouser Marie-Anne de Bourbon-Condé, le maréchal est envoyé au-delà des Pyrénées par Louis XIV pour porter secours à son petit-fils devenu roi d'Espagne sous le nom de Philippe V dix ans auparavant et depuis lors en butte aux attaques de l' Angleterre et de l' Autriche. La victoire de Vendôme à Villaviciosa sauve la monarchie espagnole et constitue une étape décisive vers la paix. C'est dans ce pays qu'à la suite d'une brève maladie la mort le surprend à Vinaroz en 1712.Suprême honneur, son corps est alors inhumé à l'Escurial, dans le tombeau des rois.
Une fois veuve, la duchesse de Vendôme continue à résider à Anet où elle fait terminer les travaux en cours. Elle doit combattre les prétentions du contrôleur général des finances qui veut lui enlever la principauté d'Anet pour la réunir à la Couronne . Elle meurt, jeune encore, en 1 7 18, sans laisser de postérité .

La duchesse du Maine .

La princesse de Condé, mère de la duchesse de Vendôme recueille son héritage. Mais elle n'en jouit pas longtemps car elle disparaît à son tour en 1723. Son décès laisse ses biens dans l'indivision pendant neuf ans. C'est à sa huitième fille, Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine, que reviendra en fin de compte la terre et le château d'Anet.
Auparavant, pour faire face aux frais entraînés par la succession, on vend la bibliothèque formée par Diane de Poitiers et augmentée par ses successeurs :les 171 manuscrits sur vélin qu'elle comprenait sont alors dispersés .
Le duc du Maine, Louis-Auguste de Bourbon, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, est un prince éclairé, cultivé, au caractère sérieux et réfléchi. Son épouse, petite-fille du grand Condé, princesse du sang, est infiniment spirituelle, mais aussi entreprenante, ambitieuse, frivole et d'une gaieté souvent excessive .
Quand elle hérite d'Anet, elle approche de la soixantaine. Le temps est déjà loin où les réceptions qu'elle donnait à Sceaux réunissaient autour d'elle une véritable cour de beaux esprits ; mais elle tente de renouveler à Anet les fêtes de jadis et partage sa vie entre ses deux résidences favorites toujours entourée de son cénacle littéraire.
Elle procède à de nouvelles transformations du château : elle se fait aménager deux appartements, l'un au rez-de-chaussée de l'aile gauche, l'autre au bout de l'ancienne galerie de Diane . elle entreprend aussi la restauration de certaines pièces et fait appel à Audran qui, en 1733, viendra à nouveau à Anet où, avec Christophe Huet, il décorera les plafonds de plusieurs salons.
En 1746, Voltaire et Mme du Châtelet sont les hôtes de la duchesse. Ils reparaissent au château l'année suivante et composent une comédie pour la fête de la Saint-Louis.
Le 7 juin 1749, le roi Louis XV vient à Anet rendre visite à la duchesse, sa tante, puis, après s'être recueilli devant le tombeau de Diane de Poitiers, son ancêtre, il gagne à cheval le château de Crécy en traversant la forêt de Dreux.
Trois ans avant sa mort, la duchesse déjà malade et éprouvée par la disparition de beaucoup de ses proches, partage ses biens entre ses deux fils. L'aîné, le prince de Dombes, a pour sa part le comté de Dreux et la terre d'Anet.

Les fils de la duchesse du Maine .

Le prince de Dombes, qui fréquente peu la cour, s'installe dès lors au château qu'il s'applique à entretenir, tandis qu'il augmente le domaine par de nombreuses acquisitions . Pour alimenter les jardins en eau, il imagine une machine hydraulique dont il dresse les plans et qu'il fait construire dans le parc, au bord de l'Eure. Il meurt en 1755, célibataire et sans postérité, laissant ses biens à son frère, le comte d'Eu.
Celui-ci aime le séjour d'Anet qui lui permet de se livrer à son plaisir favori, la chasse. Lorsque l'âge sera venu pour lui avec les infirmités, il continuera à parcourir la campagne et la forêt voisine, le fusil à la main, assis dans une petite voiture mécanique. Sa bonté le fait aimer de son entourage et des gens du peuple qui apprécient sa générosité. Comme son frère, il ne s'est pas marié. Aussi, moins de deux ans avant sa mort, en 1773, il vend au roi Louis XV une grande partie de ses biens, dont Anet, pour la somme fabuleuse de douze millions. Il rédige peu après son testament et fait son principal héritier son cousin le duc de Penthièvre.

Le duc de Penthièvre.

Louis XV étant mort peu de temps avant le comte d'Eu, sans avoir réglé l'achat des biens de ce dernier , Louis XVI s' entend avec le duc de Penthièvre pour annuler cette transaction trop onéreuse pour les finances royales. En 1775, le duc entre donc en possession de la principauté d' Anet.
Gouverneur de Bretagne, grand amiral de France, Penthièvre, en héritant de son cousin, réunit entre ses mains tous les biens dont Louis XIV a comblé ses deux fils légitimés. Aussi passe-t-il pour être le plus riche propriétaire foncier du royaume.
Vertueux et charitable, simple et affable, le duc qui partage sa vie entre la cour, l'Hôtel de Toulouse qu'il possède à Paris et ses nombreux châteaux en province, se plaît particulièrement à Anet où il séjourne fréquemment entouré de l'affection des populations et de quelques familiers parmi lesquels le chevalier de Florian, ce doux poète qui chante souvent Anet dans ses vers,

Anet, ce charmant séjour, Ce vallon où la Nature Epuisa ses trésors Pour contenter l'Amour...

Pendant cette période, le château est parfaitement entretenu et ne subit aucune modification. Lorsqu'éclate la Révolution, le duc de Penthièvre n'est pas inquiété tant est grand le respect que ses bienfaits ont su inspirer à tous. Il meurt dans son château de Bizy , près de Vernon, en mars 1793, léguant ses domaines à sa fille unique, la duchesse d'Orléans.

Dévastation .

Cinq semaines après le décès de Penthièvre, le château est mis sous séquestre . Il va, pendant quatre ans, rester privé de maître, donc de soins et d'entretien . Cette situation favorisant l'audace des révolutionnaires, on voit, à l'époque de la Terreur, la société populaire forcer la porte de la chapelle funéraire et en prendre possession pour y tenir ses séances, y installer la justice de Paix et y loger la garde nationale. On peint alors sur la façade les inscriptions " Mort aux tyrans " et " Surveillance publique " .
Le 18 juin 1795, deux commissaires de la Sûreté générale venus de Dreux et qu'accompagne une poignée de sans-culottes profanent la sépulture de Diane, ouvrent son cercueil de plomb et en tirent son cadavre qu'on ira enterrer dans une fosse creusée en hâte dans le cimetière de la paroisse, près du chevet de l'église .
A la fin de janvier 1798, alors que la duchesse d'Orléans vient d'être déportée, le château séquestré est mis en adjudication par l'administration du département d'Eure-et-Loir. On commence par vendre les meubles, l'orfèvrerie, la vaisselle, les œuvres d'art . Puis le domaine est divisé en quatre lots . Celui qui comprend le château et ses jardins est acquis par deux marchands de biens, Ramsden et Herigoyen . Ceux-ci vont d'abord récupérer tout ce qui a quelque valeur marchande : plombs , parquets, cheminées, boiseries, portes et même l'or des dorures.
Par bonheur , un ami des arts parvient à sauver une partie des trésors arrachés au château . Dès 1797, Alexandre Lenoir , créateur du Musée des Monuments Français à Paris , a pu faire acheter par l'Etat une grande partie des éléments dispersés du tombeau de Diane. La statue funéraire, le sarcophage de marbre noir utilisé comme auge à cochons dans une ferme des environs, le retable de Pierre Bontemps seront ainsi envoyés à Paris. Par la suite, lorsque les propriétaires s'attaqueront aux bâtiments eux-mêmes, Lenoir s'efforcera de sauver de la destruction les pièces essentielles : la fontaine de la Diane au Cerf, la Nymphe et les Victoires du portail et même le frontispice du corps de logis principal seront accueillis dans son musée. C'est à l'occasion de ces acquisitions que, le 29 octobre 1802, Bonaparte, alors Premier Consul, vient visiter le château avant de se rendre, à quelques kilomètres d'Anet, sur le champ de bataille d'Ivry.
En 1804, la demeure de Diane ainsi dévastée tombe aux mains d'un nouveau propriétaire, un certain Demonti fils, qui fait d'abord abattre tous les arbres du parc puis entreprend la démolition des bâtiments. Il fait sauter à la poudre le corps central ainsi que l'aile droite. Par miracle, la chapelle n'est pas atteinte, mais seulement dégagée.
Les habitants d'Anet voient d'un très mauvais œil cette odieuse destruction. La chute d'un ouvrier qui commençait à s'attaquer à la toiture de l'aile gauche - provoque une véritable émeute et , devant cette manifestation menaçante, le propriétaire vandale cherche son salut dans la fuite .
Ce qui reste du château reste vide et abandonné jusqu'au jour où le domaine est racheté par Louise-Marie Adélaïde, duchesse douairière d'Orléans, fille du duc de Penthièvre (1820).

Restauration .

La duchesse n'a pas le loisir de relever Anet de ses ruines : elle meurt en 1821, moins de neuf mois après le rachat du château. Son fils , le futur roi Louis-Philippe, recule devant l'énormité de la dépense que représente une reconstruction : il vend le château à Louis Passy , receveur général du département de l'Eure, qui ne l'habite point et se contente de faire clore par un mur l'extrémité restée béante de l'aile gauche. En 1840, le domaine d'Anet trouve enfin un acquéreur en la personne du comte Adolphe de Caraman qui, avec un grand courage, va entreprendre de remettre en état la demeure abandonnée .
Il commence par rendre habitables les pavillons et quelques pièces de l'aile subsistante dans lesquels il s'installe . Il fait appel à un architecte alors en renom, Auguste Caristie, pour restaurer la chapelle et lui donner une façade s'accordant avec le style du monument . Les travaux, terminés en 1851, attirent l'attention du ministre de l'Intérieur qui, l'année suivante, classe comme monuments historiques la chapelle et le portail et qui accorde au propriétaire une importante subvention. M. de Caraman entreprend alors de restaurer le grand portail . Il fait placer au tympan une copie de la Nymphe de Cellini entrée au Louvre après la fermeture du musée de Lenoir, il remplace par une horloge moderne l'ancienne qui a disparu et rétablit au sommet de l'édifice le groupe du cerf et des chiens.
L'ancien parc de Le Nôtre, devenu depuis longtemps méconnaissable, est transformé en un parc à l'anglaise par le paysagiste Bühler .
Mais le comte de Caraman ayant subi des revers de fortune doit vendre, en 1860, le domaine d'Anet à Monsieur Ferdinand Moreau, député de la Seine et conseiller général d'Eure-et-Loir, qui poursuit l'œuvre de sauvetage si bien commencée .

Monsieur Ferdinand Moreau .

Le nouveau propriétaire charge trois architectes de restaurer les bâtiments anciens. Les pièces sont garnies de meubles provenant du château et retrouvés souvent dans la région . Ainsi sont rachetés le lit de Diane qui était utilisé dans une auberge du bourg, des buffets, des vitraux, des pièces d'orfèvrerie ou de céramique, des reliures, des tableaux... Les quatre grandes tapisseries de l'histoire de Diane, faites au XVIe siècle pour Anet, sont acquises dans une vente, à Paris.
En 1868, c'est l'achat du Grand Parc et d'autres propriétés qui font du domaine en partie reconstitué un ensemble entièrement entouré d'eau . Des moulins et de petites usines qui avaient été installés le long du grand canal sont démolis pour embellir la perspective . D'autres améliorations sont encore réalisées : la construction de vastes communs, le rétablissement de la fontaine à vasque de marbre à l'extrémité de l'aile existante. En 1879, on découvre le cryptoportique enfoui depuis deux cents ans et que l'on croyait détruit.

Anet au cours des cent dernières années .

A la mort de M- Ferdinand Moreau, en 1884, sa fille et son gendre, le comte Guy de Leusse, héritent d' Anet. De nouvelles et intelligentes améliorations sont encore apportées au domaine : le grand canal est rétabli dans son ancienne largeur en amont de la cascade, les collations sont enrichies, les portes dorées du vestibule restaurées, des vitraux en grisaille posés aux fenêtres de la chapelle à la place de ceux qui avaient été brisés sous la Révolution.
Pendant la guerre de 1914, Madame de Leusse installe au château un hôpital auxiliaire de la Croix Rouge qu'elle dirige avec dévouement .
Anet, par étapes successives, se trouve classé monument historique ainsi que son site . Le château, ouvert au public, continue à recevoir après la guerre des visiteurs de plus en plus nombreux .
La propriété a beaucoup à souffrir de la guerre de 1939 . En juin 1940, le superbe couvent des Cordeliers, construit au fond du parc en 1583 par Charles de Lorraine, est bombardé et disparaît dans les flammes avec les riches collections de livres et de meubles qu'il contenait . Puis le château est constamment occupé par des militaires allemands. En 1944, au moment de la Libération, la bataille fait rage autour du château ; des bombes, épargnant de justesse les bâtiments, détruisent des engins blindés ennemis, mais aussi une trentaine d'hectares de bois .


En novembre 1944, la comtesse Guy de Leusse meurt, léguant le château à sa petite-fille, Madame de Yturbe. Avec elle et son mari, Monsieur Charles de Yturbe, les travaux d'entretien et de restauration, interrompus pendant les années de guerre, reprennent avec vigueur .
Ainsi leur doit-on la restauration complète du Pavillon de la Vénerie, œuvre de Philibert de l'Orme ( 1950) et surtout la suppression des fâcheuses huisseries qui fermaient et enlaidissaient les dégagements du porche de l'entrée ( 1951). D'autres travaux devaient suivre, en particulier la réparation des portes de la terrasse de la chapelle, la réfection par étapes de toutes les toitures, le dégagement des vieux bâtiments de briques du manoir des Brézé, jusqu'alors fâcheusement encombrés par des serres (1952), la pose sur le portail des deux écoinçons, moulages des Victoires de Cellini perdues au XIXe siècle (1956). Le rétablissement complet de la chapelle funéraire dans son état primitif durera de 1959 à 1967 : à l'intérieur, les voûtes, le pavage sont entièrement restaurés pour recevoir le sarcophage surmonté de la statue de Diane et le bas-relief de Pierre Bontemps formant le retable de l'autel, œuvres qui avaient quitté Anet à la Révolution . Les sphères armillaires placées sur les pyramides de la chapelle sont refaites et redorées . Le lit de Diane est restauré et classé monument historique (1976) et les magnifiques autels, dessinés par Philibert de l'Orme et qui se trouvaient dans les réserves du Louvre, sont remontés dans la chapelle (1979) .

En 1998, Monsieur Jean de Yturbe hérite de sa mère le château et continue avec son épouse, Alexandra, d' importantes restaurations. En dix ans, ils entreprendront la restauration de la chapelle, du portail d' honneur, des cheminées du château, de l' ensemble des chéneaux et des huisseries. Ils installeront le chauffage et procèderont à la complète réfection de l'électricité des batiments. Dans le jardin, ils procéderont au curage du canal et replanteront à la suite de la tempête de 1999, plus de 10 000 arbres dans le parc.


Ces efforts persévérants, poursuivis depuis un siècle et demi, sont parvenus à rendre au château d' Anet un incomparable prestige . Il fut le chef-d'œuvre de la Renaissance Française et, par les admirables restes qu'il offre encore de sa splendeur passée, il demeure le témoignage unique d'une étape capitale de l'art de bâtir .

 



jeudi 8 mai 2014

L'Olpé Chigi

L'Olpé Chigi
1)Identification

L'Olpé Chigi ou Oenochoe Chigi est un vase de 26,2 cm de hauteur, servant de cruche ou
de pichet à vin de l'art grec protocorinthien. Ce vase à été trouvé dans une tombe au
monticule de Monte Aguzzo à Véiès en Étrurie, située en Italie. Il est actuellement
conservé au musée de la Villa Giulia à Rome.

2)Matière et technique de l'objet et de son décor

L'olpé est réalisée en argile purifiée et peinte, et ce grâce à la technique du tour de potier.
Le décor est à figure noire et polychromie réalisé grâce à la technique de l'incision et du
dessin au trait, et par la technique de la figure noire.

3)Description

Le vase se compose d'une lèvre évasée et d'un large col. Une anse verticale s'appuie sur
la lèvre en la surplombant légèrement et repose sur la panse. Le vase n'a pas d'épaule de
définie, le col étant séparé de la panse par une mouluration. La panse est donc très large
et repose sur un pied annulaire très fin.
Le col du vase est noir et incisé de motifs phytomorphes complexes. La panse du vase est
organisé en trois registres séparés par des bandes de vernis noir.
La première frise sur le haut de la panse montre un combat entre hoplites. Sur la gauche
ce qui pourrait être un petit groupe de soldats avec des boucliers dont ont voit la partie
intérieure et des lances puis un groupe de huit soldats affublés d'un casque à cimier, d'une
cuirasse, d'un bouclier dont nous voyons également la face interne et de cnémides, se
dirige vers la droite du vase. Les soldats sont dénudés au niveau des parties génitales. Ce
groupe de soldats semble suivre un aulète, un musicien tenant dans ses mains un aulos,
une flûte double. Le musicien est vêtu d'une courte tunique sombre. À droite du musicien
se dirigeant toujours dans la même direction un autre groupe de soldats. L'on peut noter
que le nombre de visages qui est de quatre ne correspond pas au dix jambes figurées
pour ce groupe. Ces soldats-ci porte un vêtement très court pour protéger leurs parties
génitales. Enfin un dernier groupe de soldats se dirige vers la gauche, et donc en
opposition aux deux groupes de soldats et du petit musicien. La partie visible du bouclier
est celle externe, ils sont décorés d'épisènes. Tous les soldats portent des lances. La
scène est encadrée sur la partie haute et au niveau de la anse par une bande de vernis
noir incisée des mêmes motifs phytomorphes complexes que sur le col du vase. Les
personnages sont tous représentés de profil et les cheveux de l'aulète sont traités en bloc.
Pour chacun des personnages ont peut voir des détails au niveau des mains, des pieds et
des articulations des genoux.
La seconde frise se divise en trois plus petites scènes. La première située sous la anse,
qui est la plus abîmée est la scène du Jugement de Parîs, où seraient représenté les
personnages de la scène : Parîs, Athéna, Aphrodite, Héra et Hermès; identifiés par leur
noms inscrits sur le vase. Leurs cheveux sont représentés en grosse nattes retombant
devant et derrières les épaules. La deuxième représente un cortège de cavaliers et d'un
quadrige, char dirigé par quatre chevaux, traités de manière polychrome puisque deux des
chevaux sont noirs, un ocre et un autre rouge. Les chevaux ont des crinières traitées en
nattes et les cavaliers portent des courtes tuniques. Le personnage conduisant le char est
par contre vêtu d'un vêtement plus long recouvrant ses jambes. Les chevaux du char sont
devancés par un homme nu tenant une des brides des chevaux. La troisième partie est
séparée de la deuxième par deux sphinx ou sphynges affrontées dont l'un des deux n'est
visible que par sa queue, le reste étant abîmé. La sphynge est un animal hybride qui ici se
constitue d'un corps de lion, d'ailes d'oiseau et d'un visage de femme. La troisième scène
est donc une scène de chasse au lion où celui ci est représenté au centre mordant un
homme nu à terre. La crinière du lion est traitée en mèche comme pour les chevaux. Un
total de quatre hommes brandit des lances contre le lion dont les détails des muscles sont
incisés. Un des hommes qui est nu, et portant une ceinture, plante une lance dans la
cuisse du lion, deux autres vêtus d'une cuirasse lui assènent des coups de lance au
niveau de sa tête. Le quatrième est plus en retrait mais brandit également une lance.
La dernière frise qui se trouve juste en dessous de la seconde,et qui est plus petite, est
une scène de chasse au lièvre. On peut voir trois animaux ressemblant à des chiens se
diriger vers la gauche puis un homme accroupi derrière un buisson juste à coté de ce qui
semble être un chien et tenant dans l'une de ses mains des trophées de chasse. Un autre
devant le buisson semble lui faire signe de ce baisser. Il est à préciser que les deux
hommes sont nus et que leurs cheveux sont traités de la même manière que ceux de
l'aulète dans la première frise. Enfin un lièvre,ou un lapin est représenté se dirigeant vers
le deuxième chasseur poursuivi par trois chiens, l'un des chiens étant peint uniquement
avec des contours blancs. Des détails au niveau de la musculature des animaux sont
également visibles.
Les trois frises sont affublées de petits motifs pouvant être des triangles associés par deux
pour former des losanges, des croix et des petites fleurs. La dernière frise est décoré
d'éléments végétaux qui sont les buissons.
La partie basse de la panse est séparée des scènes par des bandes de vernis noirs et est
décorée de dents de loups. Le pied annulaire est vernis de noir.

4)Stylistique

L'Olpé Chigi est un vase de la période orientalisante. Elle a probablement été réalisée par
le même peintre que celui qui a réaliser l'Aryballe protocorinthienne dite de Macmillian qui
est une céramique peinte de 7 cm en 630 av. JC et conservée à Londres au British
Museum, ce rapprochement par certains chercheur c'est probablement fait à cause de la
similarité au niveau de la représentation des hoplites, mais également à cause de la
présence de la scène de chasse au lièvre. Les caractéristiques de la période pour l'objet
sont des représentations de scènes figuratives, des représentations d'animaux hybrides,
l'utilisation de motifs de remplissage et l'usage de la figure noire. La période précédente
qui est la période géométrique est caractérisée par l'utilisation de formes géométriques, de
frises d'animaux passants, par la figuration humaine et l'utilisation de motifs de
remplissage. Ce vase est de style miniaturiste et daté de 645 à 635 av. J.-C.

5)Iconographie

Les thèmes représentés sont un combat d'hoplites, le
jugement de Parîs, un cortège de cavaliers et de quadrige, une scène de chasse au lion et
une autre de chasse au lièvre. Le jugement de Parîs est tiré de l’Iliade d'Homère, et peut
également provenir de la Bibliothèque d'Apollodore.
Le jugement de Parîs raconte qu'au noces de Pelée et de Thétis qui se déroulaient sur
l'Olympe tous les dieux furent invités à l'exception d’Éris déesse de la discorde. Éris pour
se venger va s'inviter au noces de Pelée et Thétis et jeter une pomme d'or avec la mention
“Pour la plus belle”. Trois déesse, Héra, Athéna et Aphrodite vont vouloir attraper la
pomme et commencent à se disputer pour savoir à qui revient la pomme. Zeus, pour
mettre fin à la dispute, va ordonner à Hermès d'emmener les trois déesses sur le mont Ida
où se trouve Parîs, le prince troyen. Hermès envoyé par Zeus charge Parîs de désigner à
qui la pomme reviendra. Les trois déesses demandent donc à Parîs de choisir à qui la
pomme de la discorde va revenir. Les trois déesses vont lui promettre chacune quelque
chose mais Parîs va opter pour Aphrodite car elle lui promet l'amour de la plus belle
femme du monde. Hélène étant considérée comme la plus belle femme du monde et Parîs
ayant obtenu l'autorisation d'Aphrodite, il va enlever Hélène épouse du roi Ménélas et c'est
cet événement qui va déclencher la guerre de Troie.

6)Commentaire historique ou iconologique

Une olpé servait à contenir et verser le vin mais ici on peut dire qu'elle servait à contenir
des onguents dans le cadre funéraire puisque découverte dans une tombe. C'était donc
un vase à but funéraire.
 
Bibliographie (succincte , j'en suis désolé):
Moretti Sgubini, Anna Maria, Il Museo nazionale etrusco di Villa Giulia , "L'Erma" di Bretschneider : Ingegneria per la cultura, Rome 1999
 
Bloch, Raymond, La civilisation étrusque, Payot, Paris, 1949
Bianchi Bandinelli, Ranuccio, Les Etrusques et l'Italie avant Rome, Gallimard, Paris, 2008
Thuillier, Jean-Paul, Les Étrusques, Edition du chêne, Paris, 2006
Thuillier, Jean-Paul, Les Étrusques, histoire d'un peuple , A. Colin , Paris, 2003

Paul Delaroche, L’Éxécution de Lady Jane Gray, 1833, huile/toile, 246 x 297 cm, Londres, National Gallery.

Paul Delaroche, L’Éxécution de Lady Jane Gray, 1833,
huile/toile, 246 x 297 cm, Londres, National Gallery.
Nous allons vous présenter l’œuvre intitulée L’exécution de Lady Jane Grey, qui est également appelé Le supplice de Jane Grey. Nous nous sommes demandées par quels moyens Paul Delaroche théâtralise cette scène historique ? Dans un premier temps, nous présenterons une brève introduction. Ensuite, l’objet de la réflexion de notre première partie portera sur une description, une analyse formelle du tableau. La deuxième partie de notre exposé sera de faire l’analyse iconographique de L’exécution de Lady Jane Grey, en insistant sur le sujet présenté, et la manière dont il est représenté. Dans la troisième partie, nous verrons la contextualisation de l’œuvre de Delaroche en s’interrogeant sur le contexte à la fois historique, artistique et biographique de la création de l’œuvre. Nous terminerons cet exposé par une brève conclusion répondant à la problématique proposée.

Il s’agit d’une œuvre de Paul Delaroche né en en 1797 et est décédé en 1856 à Paris, à l’âge de 56 ans. Il est connu pour de nombreux chefs d’œuvres comme La jeune martyre, réalisée en 1855, qui est une huile sur toile, mesurant 171 sur 148 cm. Sur ce tableau est représentée une jeune chrétienne, jetée dans un fleuve par des Romains. On la voit sans vie, les mains liées par une corde, la peau blafarde. Il s’agit d’une allégorie austère du sacrifice de la jeunesse, on trouve dans cette œuvre le thème de la mort, qui est souvent présent dans les œuvres de Delaroche.
L’exécution de Lady Jane Grey, fut peinte par Delaroche en 1833, c’est une huile sur toile qui mesure 246 sur 297 cm. Elle est actuellement conservée à la National Gallery de Londres.
L’exécution de Lady Jane Grey est qualifié comme étant l’une des peinture les plus célèbres établies par l’artiste. En effet, à travers cette œuvre, Paul Delaroche a retranscrit un fait, un événement historique qui a marqué les esprits au 16 ème siècle. Celui-ci dans son œuvre, nous dévoile une scène annonciatrice de la mort, car il s’agit d’une exécution, celle de la jeune reine Jane Grey.
Un portrait de la reine fut réalisé par une personne anonyme. Ce tableau découvert au début de notre siècle, en l'an 2000, est considéré par beaucoup comme le premier portrait posthume de la reine1. Il faut savoir que lorsque cette jeune reine, petite nièce d’Henri VIII, régna sur le royaume d'Angleterre en juillet 1553, ce fut pendant une courte durée, un peu plus d'une semaine, ce qui lui a valu le surnom de « reine de neuf jours ». L’exécution de Lady Jane Grey, fut réalisée sous l’initiative personnelle du peintre dans le cadre du Salon de 1834.

Dans cette première partie nous allons parler de l’analyse descriptive de l’œuvre en faisant une description détaillée des composants constituant le tableau ainsi que des techniques mises en place par le peintre pour l’exécution de ce chef d’œuvre.
Tout d’abord nous pouvons voir, qu’il s’agit d’une peinture réalisée avec la technique de l’huile sur toile. Cette œuvre mesure 246 sur 297 cm, c’est une œuvre de grande dimension, de format rectangulaire étiré en largeur.
L'impression d’ensemble qu’elle témoigne est pathétique et dramatique, car certains personnages sont tristes, désespérés. Par ailleurs plusieurs personnages sont représentés avec des expressions différentes exprimant la tristesse et le désarroi. Un premier exemple est celui de la femme assise à gauche, qui a le regard pensif, triste, perdu, elle tient ce qui semble être la robe de Lady Jane Grey. Un autre exemple est celui de la femme positionnée de dos, nous ne voyons pas le visage de cette femme mais à voir son attitude, nous comprenons qu’elle éprouve sûrement de la tristesse, de la peur, c’est ce que nous pouvons supposer étant donné qu’elle est tournée vers la colonne, les mains appuyés sur ce décor architectural, comme pour se cacher de cette tristesse et pour ne pas voir la scène qui se prépare à venir. Elle s’isole d’une certaine manière en ne participant pas à la vue de ce qui va se passer. Le bourreau, lui aussi manifeste un regard de regret, c’est difficile à expliquer, mais on voit, on sent bien qu’il n’est pas flatté, content de l’action qu’il va devoir faire envers la jeune reine seulement âgée de 16 ans. Nous pourrions même comparer cela à de la pitié qu’il aurait envers cette dame. De plus, la scène représentée est plutôt calme et lisible, en effet, il n’y a pas de mouvements précipités, pas de brutalité dans l’œuvre. Ce qui donne malgré la scène représentée, qui est le moment juste avant l’exécution de cette jeune reine, un aspect vraiment calme de la scène, alors qu’en fait il s’agit d’un moment normalement de terreur, d’angoisse pour une personne qui va mourir, qui va devoir faire face à un destin imposé. Dans ce tableau, Paul Delaroche, insiste sur la luminosité, en effet on remarque que cette œuvre présente une certaine luminosité au niveau du personnage principal, ce qui permet de le mettre en valeur, d’autant plus qu’il est vêtu de blanc avec en plus un bandeau blanc, ce qui attire encore plus la lumière et donc cela permet d’attirer évidemment le regard du spectateur sur ce personnage en premier, et de comprendre donc l’événement, et l’importance de l’événement. Pour l’organisation du tableau de Delaroche, nous pouvons remarquer qu’il y un certain équilibre d’ensemble qui se fait grâce aux personnages occupant la totalité de l’espace, en effet ceux-ci sont répartis au centre avec un groupe de deux personnages, puis sur le bord latéral gauche avec également deux autres personnages, puis près du bord latéral droit avec cette fois-ci un seul personnage. Et on peut également dire qu’ils occupent les ¾ du tableau au niveau de la hauteur.
Nous avons également remarqué, que le tableau est structuré selon les lignes architecturales du décor. Ces lignes reprennent le format voulu par le peintre, elles permettent de recadrer la scène dans un format rectangulaire plus petit que le tableau. Il y a une harmonisation des lignes verticales et horizontales dans ce tableau qui font écho au cadre. Mais on retrouve également ce que l’on appelle des ruptures de formats formés par les personnages, et les drapés, principalement. Sans oublier l’arme que tient le bourreau qui est un objet symbolique du tableau, et également le billot. En ce qui concerne la question de la perspective, nous ne pouvons délimiter de perspective linéaire ou de point de fuite et ce dû au cadrage resserré de l’œuvre.
Dans son œuvre, Delaroche utilise une texture lisse pour la représentation des composants du tableau. De plus en ce qui concerne les contours, il s’agit de contours linéaires, on peut le voir avec les divers personnages. Il utilise aussi des couleurs assez vives tels que le rouge, le jaune, le blanc qui attire particulièrement la lumière comme nous l’avons dit précédemment, ainsi que des couleurs assez sombres comme le noir, le gris ou encore le marron qui peuvent annoncer l’événement qui va se produire.
La taille des personnages est la même, cependant certains des personnages tels que la femme qui est proche du bord latéral gauche ainsi que les deux personnages au centre qui sont Lady Jane Grey et le Sir John Brydges, sont représentés plus petits étant donné qu’ils adoptent une position différente des autres personnages. A cela s’ajoute le fait que le bourreau est isolé des autres personnages, qui forment deux groupes distinct. Ce tableau représente donc la scène précédant l’exécution de Lady Jane Grey, et nous pouvons voir que la seule action du tableau est le geste de la main de Sir John Brydges, sur le bras de Lady Jane Grey, la menant vers le billot pour son exécution.
Nous pouvons dire qu’il y a un espace scénique sur lequel se déroule l’action.
En ce qui concerne la lumière du tableau, nous pouvons tout d’abord constater qu’elle vient de l’espace qu’occupe le spectateur. Cette lumière est principalement concentrée sur la scène principale, le lieu où se déroule la seule action. De plus, nous pouvons voir qu’un clair-obscur est présent, en effet contrairement aux autres personnages Lady Jane est éclairée, et sa tenue blanche permet de faire ressortir davantage la lumière qu’elle reçoit. Nous pouvons aussi remarquer que le bord inférieur du tableau, où est représenté un long drap, est tronqué, ce qui permet d’entretenir un lien entre le tableau et ses personnages ainsi que le spectateur, le spectateur a ainsi l’impression de faire partie du tableau et d’être dans le moment présenté. De plus, nous avons pu remarquer que dans le coin en bas du bord latéral gauche du tableau se trouvait la signature de l’artiste avec la date de création du tableau.

Dans cette seconde partie nous allons donc aborder le sujet et l'iconographie du tableau. Nous allons donc aborder le sujet du tableau, les sources
C'est un sujet d'histoire sur L'Éxécution de Lady Jane Grey dont l’œuvre est éponyme, c'est à dire qui porte le nom de l’événement qu'elle représente.
La source générale de cet événement se trouve dans des sources historiques.
L'histoire est qu' au milieu du XVIe siècle, sur son lit de mort, le roi Édouard VI choisit Jane Grey pour lui succéder. Il espère ainsi le maintien de la réforme anglicane, qui rompait le lien avec le lien avec le pape et l'église catholique romaine, inscrits dans le processus de la Réforme protestante européenne. Il craignait que celle-ci ne soit en péril si ses demi-sœurs, Marie la Catholique et Elisabeth, filles d'Henri VIII, prenaient le pouvoir. Le 10 juillet 1553, Jane est couronnée en hâte à la tour de Londres. Le même jour, Marie Tudor se fait proclamer reine d’Angleterre à Norfolk. La demi-sœur du roi défunt sort victorieuse du conflit armé qui s’ensuit et fait inculper Jane et son mari, Lord Guilford Dudley, et son père, où ils furent emprisonnés à la tour de Londres sous l'inculpation de haute trahison. Jeanne Grey avait, durant sa captivité, le droit d’être visitée par des dames d’honneur, dont l'une était la nourrice de son enfance. Son procès eut lieu en novembre, mais la peine de mort prononcée à son encontre fut provisoirement suspendue. En février 1554, le père de Jane, qui avait été libéré, fut un des chefs lors de la rébellion de Wyatt ce qui entraîna le 12 février 1554, à 16 ans, la décapitation de la reine de 9 jours sur le Tower Hill à l’extérieur. Son mari fut également décapité ainsi que son père deux jours plus tard.
L'œuvre représente les derniers instants de la vie de Jane Grey, peu avant son exécution. La jeune femme, tout de blanc vêtue, les yeux bandés, est à genoux, et s'apprête à placer sa tête sur le billot, posé sur un tas de paille fraîche qui était destiné à boire le sang de la condamnée. Elle est assistée d'un homme, situé à sa gauche, qui est vraisemblablement Sir John Brydges, 1er baron Chandos, lieutenant de la tour au moment où Jeanne a été exécutée. La figure à droite du tableau est celle du bourreau; il est debout et tient une hache. Sur le tableau, Jeanne Grey est accompagnée de deux dames d'honneur, situées en arrière plan du tableau. La scène se déroule dans une salle fermée, donc à l'intérieur.
On sait que Paul Delaroche a réalisé cette toile presque trois cents ans après l'exécution de Jane Grey, s'appuyant sur des sources historiques contemporaines, dont des documents du XVI ème siècle, qui lui ont permis de reproduire le plus fidèlement possible les vêtements des personnages du tableau. Paul Delaroche avait fait une aquarelle de cette composition : le bourreau était de profil, les bras croisés, et un grand glaive sous le bras. Mais il changea l'épée sur l'observation qu'on lui fit «que les exécutions se pratiquaient alors au moyen d'une hache ».Le peintre a réalisé plusieurs études pour la réalisation de cette œuvre. Il a réalisé des études pour la réalisation des deux femmes et du bourreau, une autre sur le bourreau en particulier, puis une sur différents personnages et différentes versions de la scène. Également un croquis représentant Jane Grey soutenue par le Lord lieutenant conservé au British Museum et également une étude des mains de Jane Grey. L'importance de l'étude des mains de Jane Grey est significative puisque par la position des mains hésitantes de la reine, le peintre met en avant sa fragilité et son impuissance. Le fait que le peintre ait décidé de représenter la robe de Lady Jane Grey tenue par l'une des femmes dévoile le fait de la perte de son statut de reine et montre également qu'il restera une trace, un souvenir de la reine après sa mort. Il est utile de dire que pour la composition des Enfants d’Édouard, Paul Delaroche était allé spécialement visité la tour de Londres en 1827 pour y voir le décor de son futur tableau qui sera également celui de Jane Grey. On sait donc que Paul Delaroche a choisi de représenter la scène en intérieur alors que dans les faits celle-ci s'était déroulé en extérieur. On peut voir une ressemblance entre les deux œuvres puisque Paul Delaroche a choisi de présenter le moment précédent l’événement sanglant, pour les Enfants d’Édouard montre ainsi les deux enfants du roi Édouard IV d'Angleterre, que leur oncle a enfermés dans la Tour de Londres après la mort de leur père, au moment où ils vont être assassinés, et pour L’exécution de Lady Jane Grey le moment précédant son exécution. Pour la représentation de « la reine de 9 jours » il a été dit par certains que Paul Delaroche aurait pris comme modèle Mademoiselle Anaïs connue pour sa chevelure blonde tirant sur le brun et sa silhouette menue dont nous vous parlerons plus précisément dans la troisième partie.

Dans cette dernière partie qui est l'analyse scientifique nous allons prendre en compte le contexte historique le plus large de l’œuvre, c’est-à-dire, les contextes historiques, artistiques, sociaux et politiques.
Après la révolution de 1789, la société française évolue, et son gouvernement aussi. L’État et le pouvoir ne sont plus aux mains d’un souverain absolu, incarné par une seule personne. Maintenant, le pays est régi par des lois et des institutions républicaines sous la monarchie de Juillet proclamée à la suite des 27, 28 et 29 juillet 1830 appelés aussi la Révolution de Juillet.
Cette désaffection touche aussi le public. Avant la Révolution, c’était principalement l’aristocratie qui était friande de scènes historiques. Au début du XIXe siècle, elle est remplacée par une nouvelle classe sociale en pleine ascension, la grande bourgeoisie. Mais cette nouvelle « clientèle » n’a aucune envie de voir des monarques absolus ni des aristocrates. Elle préfère se divertir. Elle est en quête d’émotions, elle veut mettre sa culture et ses connaissances de l’histoire à l’épreuve, devant des tableaux réalistes10.
Cet œuvre fait partie du mouvement romantique qui est un mouvement culturel apparu à la fin xviiie siècle en Allemagne et en Angleterre et se diffusant à toute l’Europe au cours du xixe siècle, jusqu’aux années 1850. Il s’exprime dans la littérature, la peinture, la sculpture, la musique et la politique. Il se caractérise par une volonté d'explorer toutes les possibilités de l'art afin d'exprimer ses états d'âme : il est ainsi une réaction du sentiment contre la raison, exaltant le mystère et le fantastique et cherchant l'évasion et le ravissement dans le rêve, le morbide et le sublime, l'exotisme et le passé. Idéal ou cauchemar d'une sensibilité passionnée et mélancolique. Ses valeurs esthétiques et morales, ses idées et thématiques nouvelles ne tardèrent pas à influencer d'autres domaines, en particulier la peinture et la musique. L’œuvre s'inscrit plus particulièrement dans une sous catégorie du romantisme qui est l'historicisme qui est la preuve d'un fort engouement pour l'histoire de l'humanité, les peintres du xixe siècle se basent sur l'histoire chrétienne, antique, mythologique ou plus récente encore. C'est l'apogée de la peinture d'histoire, qui deviendra vite de la peinture d'académie. À partir du début du xixe siècle, le mouvement romantique montre son admiration pour l'histoire et les arts médiévaux, de ce fait on assiste à une grande exploitation de l'art gothique voire antérieur et de nombreuses toiles historiques naissent, représentants exclusivement des événements survenus au Moyen Âge et veillant à rendre le plus justement possible des vues de l'époque.
Hippolyte de la Roche, dit Paul Delaroche, né le 17 juillet 1797 à Paris où il est mort le 4 novembre 1856, âgé de 59 ans, est un peintre français. L'année précédant l'exposition au salon Paul Delaroche est nommé professeur à l'école des Beaux-Arts , il fut également créateur de costumes de théâtre et d’opéra et eut une relation qui dura de 1832 et 1834 avec Mademoiselle Anaïs, une actrice de la Comédie Française.
Cette œuvre fut réalisée dans le cadre du Salon de 1834 ou il fit apparemment sensation. En effet un jeune poète s'en est inspiré pour réaliser son premier essai poétique en 1834 dans lequel il décrit l’œuvre. Le tableau fut immédiatement acheté par un noble russe, le comte Anatole Demidoff, pour la somme de 8000 francs, qui l’installa dans son palais de Florence. A sa mort, en 1870, l’œuvre avait encore une haute cote et passa de mains en mains.
Aujourd'hui cette œuvre illustre certains ouvrages précis sur le peintre et quelques ouvrages généraux mais n'est pas la plus présente derrière Les enfants d’Édouard ou La jeune martyre.
En Angleterre "L’exécution de Lady Jane Grey" par Paul Delaroche est devenu le tableau préféré des visiteurs de la National Gallery à Londres. On en a la preuve, car c’est sa reproduction qui est la carte la plus vendue au magasin et l’usure du parquet devant le tableau serait la plus importante de tout le musée.

Dans cette conclusion nous pouvons dire que Paul Delaroche théâtralise cette scène historique en présentant l’événement en intérieur à la manière d'une scène de théâtre. Il dramatise la scène à l'aide de sa représentation des costumes qui semblent ne jamais avoir été portés. Sa référence au théâtre se fait d'autant plus par l'utilisation de son modèle : Mademoiselle Anaïs, une actrice, incarnant la jeune reine. De plus Paul Delaroche a choisi de représenter l'instant précédant l’événement, ce qui dramatise encore plus la scène puisqu'il laisse le spectateur imaginer la suite, accentué par les pleureuses à l'arrière de la scène.
Tous ces éléments rendent le coté théâtral de l'œuvre recherché à l’époque, puisque l’on cherchait à s’octroyer des nouvelles sensations, de nouvelles émotions.
Au vu de certaines de nos recherches on peut se demander en quoi la vie du peintre a-t ‘elle influencé la représentation de cette œuvre ? Et de manière plus générale, si cela a influencé certaines de ces œuvres, et ce en quoi ? On peut aussi se demander si cette référence au théâtre se retrouve également dans certaines de ses œuvres et dans quelle mesure ?
Nous avons pu constater lors de nos recherches, que beaucoup d’œuvres reprennent cette scène historique en apportant leurs touches personnelles par exemple en remplaçant les personnages par des schtroumpfs . Nous avons pu également voir d'autres représentations de la scène.
L'on a pu voir que le tableau de Delaroche inspirait les scènes de théâtre de notre siècle. Certains utilisent même le tableau de Delaroche pour la mode, comme le styliste Giles Deacon. On trouve également cette scène dans le septième art dans le film Lady Jane, la reine étant joué par l'actrice Helena Boham Carter. Dans ce film nous pouvons voir que l’accent est mis sur l’importance de l’action entre Lady Jane et Sir John Brydges, voir même exagéré.
 
Bibliographie (succincte une fois encore , very sorry):
 
Paul Delaroche, Musée des Beaux-Arts de Nantes, Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1999
 

dimanche 4 mai 2014

Les Révisions

Je suis à la fac et j'ai mes partiels dans une semaine. 4 examens répartis sur 2 jours consécutifs. Mes vacances ont donc commencé le 18 avril au soir. J'ai donc établi le même processus de révision qu'au dernier semestre: une semaine de pose puis deux semaines de révisions avant les partiels. Je me suis donc mis depuis une semaine aux révisions intensives.
Mon programme de révisions fut donc de remettre au propre la totalité de mes cours et de les compléter. J'ai ensuite fait des fiches sur chacune des œuvres que nous avons étudié. Etant en histoire de l'art cela est obligatoire. J'ai donc mis une semaine à faire la totalité de ces fiches. Je peux vous dire que cela a été long et chiant et ennuyant.  
La semaine prochaine je vais donc enregistrer mes cours de manière vocale pour me les repasser avant de m'endormir puisque à cause du stress je suis incapable de m'endormir avant deux heures du matin. Je vais également m'amuser à recopier certaines des analyses d’œuvres pour le retenir. Je vais également essayer de réaliser les sujets d'examens des années précédente.
Comme vous pouvez le voir je suis donc harassées par une tonne de révisions qui me bouffent mes nuits de sommeil.